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Au Japon, (d'où nous vient le Karaté) de tous temps, les grades ont toujours été décernés de Maître à disciple, selon des critères techniques, pédagogiques et humains, propres à un enseignement précis. S'il y a un tronc commun, les exigences sont très variables d'une école à l'autre, d'un Maître à un autre, d'un style à un autre. (Il est question ici d'écoles transmettant un enseignement traditionnel, comme les ryus Japonais ) GI, SHIN, TAI Traditionnellement, on prend en compte trois éléments d'appréciation : Gi (la technique) Shin (l'esprit) et Taï (le corps). Suivant le niveau et l'age du candidat, ces critères permettent d'arriver à un dosage fin et subtil. Ainsi, lorsque l'on juge un candidat de quarante ou cinquante ans, les critères de notation seront bien évidemment différents de ceux servant à noter un candidat de vingt ans. Le point commun restant néanmoins l'efficacité des techniques et des exercices présentés. Gi, Shin et Taï sont trois critères de progression personnelle. Il ne doit pas être tenu compte d'un titre de champion ou d'un résultat en compétition pour décerner un grade dans la pratique d'un Art Martial. Pour les compétiteurs il y a les coupes, les médailles, les titres de champion et les photos dans la presse. Pour les dirigeants (qui en font la demande) il y a les médailles de dirigeants décernées dans tous les Pays. Pour les pratiquants de l'Art Martial Karaté Do, il y a les grades. Un pratiquant de Karaté Do peut bien évidemment être en même temps compétiteur ou dirigeant, mais il ne doit pas y avoir interférence entre les différentes catégories. Ainsi, décerner un grade à un pratiquant parce qu'il a gagné une compétition serait une aberration. Est également une aberration le fait de demander à un candidat à la ceinture noire d'avoir à 'marquer des points' dans une compétition pour obtenir son grade. Au Japon, ce test est remplacé par 2 minutes de jyu kumité afin d'apprécier l'aisance en combat . De même, décerner un grade élevé à quelqu'un de très jeune ne serait pas sérieux. Toutefois, des pratiquants de plus en plus jeunes fréquentant les Dojos, il peut y avoir ' des grades enfants' et 'des grades ados' qui ne sont plus vraiment des grades mais plutôt une appréciation des progrès effectués dans une pratique ludique et sportive loin de toute idée Martiale. Les premières ceintures noires de Karaté ont été décernées en 1926 par le Maître Gichin FUNAKOSHI, celui ci ayant repris la structure mise au point par Jigoro KANO. Le système de ceintures de couleurs correspond aux kyus (ce mot signifie classe en Japonais. Il s'agit d'un terme militaire) Ce système a été mis au point par le Maître KAWAISHI. Quels que soient les grades et les critères selon lesquels ils ont été décernés, il est bien évidemment nécessaire que ceux qui jugent l'accession à un grade donné, estiment que le futur impétrant est digne de se prévaloir du grade en question. Réciproquement, celui qui est jugé doit avoir confiance dans les qualités de ceux qui le jugent. Cet élément, est quelque peu oublié. Pourtant, cette réciprocité donne toute sa valeur au grade. Il est évident que le candidat à la ceinture noire préfère être jugé par ses pairs et que ce soit ceux ci qui lui décernent le grade, plutôt que passer un examen dans un gymnase, devant une commission composée d'amateurs anonymes n'ayant pour certains jamais passé eux mêmes devant une commission des grades et envoyés pour l'occasion par une quelconque Fédération sportive. Il faut savoir qu'en France, pas moins de 8 associations ou fédérations décernent des ceintures noires. Enfin, contrairement à l'idée répandue, ce n'est pas un grade ou un titre, aussi élevé soit-il qui fait la valeur de l'homme. C'est bien évidemment l'homme qui donne éventuellement une réelle valeur au grade. M.L.
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